Dernière mise à jour le 10 avril 2012
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La retraite anticipée des travailleurs handicapés

Synthèse

Les assurés qui ont travaillé tout en étant lourdement handicapés (taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %) ou en ayant été reconnus travailleur handicapé, peuvent bénéficier d’une retraite avant l’âge légal de départ à la retraite. Pour prétendre à ce droit, ils doivent justifier d’une durée d’assurance et de périodes cotisées variables selon leur âge à la date d’effet de leur pension et, depuis le 1er janvier 2009, selon leur année naissance. La pension attribuée au titre de ce dispositif est versée à taux plein. Elle ouvre également droit à liquidation sans abattement à la retraite complémentaire.

A savoir

Les pensions attribuées depuis le 1er janvier 2006 au titre de la retraite anticipée pour travailleurs handicapées peuvent être majorées si le bénéficiaire ne réunit pas la durée d’assurance maximum au régime général.

Sommaire

Fiche détaillée

Quelles sont les conditions d’attribution de la retraite anticipée ?

Les travailleurs handicapés peuvent bénéficier d’une pension au taux plein de 50 % avant l’âge légal de départ à la retraite à condition qu’ils :

  • justifient d’une durée d’assurance et de périodes cotisées variables selon leur âge à la date d’effet de leur pension. Depuis le 1er janvier 2009, ces durées augmentent également selon leur année de naissance (voir tableau ci-dessous).
  • aient été atteints d’une incapacité permanente de 80 % ou aient été reconnus travailleurs handicapé au sens de l’article L 5213-2 du code du travail durant l’intégralité des durées d’assurance requises (durée d’assurance totale et durée d’assurance cotisée). Il n’est toutefois pas nécessaire que ce taux d’incapacité soit reconnu à la date de la demande ou à la date d’effet de la pension.
Concomitance de la durée d’assurance et du handicap
Dès lors que l’assuré justifie de son taux d’incapacité de 80 % à un moment quelconque au cours d’une année civile, il y a lieu de retenir tous les trimestres d’assurance qu’il a validés au titre cette année.

Sont pris compte dans la durée d’assurance : tous les trimestres validés dans le régime général (et, le cas échéant, dans un ou plusieurs autres régimes obligatoires) au titre de périodes travaillées, de périodes reconnues équivalentes, de périodes assimilées (par exemple : arrêt maladie, congé de maternité, chômage indemnisé etc.) ou de droit à majoration de durée d’assurance (par exemple : majoration maximale de 8 trimestres par enfant).

La durée d’assurance cotisée est plus restrictive : toutes les périodes de cotisations à un régime de base français sont retenues, à l’exception des périodes d’affiliation à l’assurance vieillesse des parents au foyer et des périodes de volontariat associatif (circulaire CNAV n°2010/55 du 26 mai 2010).

Tableau récapitulatif (source : CNAVTS)

Exemple
Un assuré handicapé, né en 1953, qui souhaite prendre sa retraite anticipée fin 2012, à 59 ans, devra justifier de 85 trimestres d’assurance, dont 65 trimestres cotisés, et justifier pendant les durées requises d’un taux d’incapacité de 80 % ou de la reconnaissance de travailleur handicapé.

Quelles sont les formalités à accomplir ?

Le travailleur handicapé doit adresser sa demande de retraite anticipée auprès de la Caisse de retraite de son dernier régime d’affiliation (régime général, régime des salariés agricoles, ou régime des travailleurs non salariés des professions agricoles, régime des professions artisanales, industrielles et commerciales).

Le demandeur doit solliciter auprès de sa Caisse de retraite l’imprimé de « demande de situation vis-à-vis de la retraite avant 60 ans » ; ce document doit être rempli puis retourné à la Caisse qui pourra ainsi vérifier s’il remplit toutes les conditions pour bénéficier de ce droit (durée totale d’assurance et de durée d’assurance cotisée, justification de l’incapacité permanente au taux de 80 % ou de la reconnaissance de travailleur handicapé et la concomitance entre l’une de ces situations et les trimestres d’assurance).

Justification du taux d’incapacité de 80 %
L’assuré doit produire, à l’appui de sa demande, les pièces justifiant de la décision relative à son taux d’incapacité permanente prononcée par l’autorité chargée d’apprécier l’incapacité ouvrant droit à la carte d’invalidité, c’est-à-dire, en règle générale, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). La liste de ces pièces est fixée par l’arrêté du 5 juillet 2004 (JO du 30 juillet)
Lorsque l’assuré ne dispose pas de la totalité des pièces justificatives nécessaires, il peut s’adresser à la CDAPH, qui, au vu des pièces disponibles de son dossier, lui fournira des duplicata de décisions ou, le cas échéant, une attestation signée par le président de cet organisme précisant la ou les périodes durant lesquelles un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 % lui a été attribué ou reconnu.

Si l’assuré remplit les conditions exigées, sa caisse de retraite lui délivrera un justificatif de sa situation vis-à-vis de la retraite anticipée. Elle joindra à cet envoi l’imprimé de demande de retraite spécifique aux personnes handicapées et un calcul estimatif de la pension à laquelle il peut prétendre.

Demande de retraite complémentaire
Les travailleurs handicapés qui obtiennent la liquidation de leur pension avant l’âge légal de départ à la retraite, dans le cadre du dispositif de la retraite anticipée, peuvent, dans un même temps, obtenir le versement de leur retraite complémentaire sans abattement (sauf, le cas échéant, sur la partie la plus élevée de la retraite complémentaire obtenue sur la Tranche C des salaires, soit entre 4 et 8 fois le plafond de la Sécurité sociale).

La date d’effet de la pension est choisie par l’assuré et fixée le premier jour d’un mois. Elle ne peut être antérieure :

  • à la date à laquelle les conditions d’ouverture du droit à retraite anticipée sont remplies,
  • au premier jour du mois qui suit le 55ème anniversaire de l’assuré.
    Si l’assuré n’indique pas de date d’effet pour sa pension, celle-ci est fixée le premier jour du mois suivant la réception de la demande par la caisse chargée de la liquidation des droits à pension de vieillesse (article R. 351-37 du Code de la Sécurité sociale).

A quelles majorations peuvent prétendre les bénéficiaires de la retraite anticipée ?

La pension liquidée au titre de la retraite anticipée pour travailleur handicapé peut être complétée (si les conditions requises sont remplies), par la majoration pour enfants, de celle pour conjoint à charge ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité. En revanche, cette pension ne permet d’obtenir la majoration pour tierce personne prévue par l’article L .355-1 du Code de la Sécurité sociale qui ne vise que les bénéficiaires d’une pension attribuée au titre de l’inaptitude au travail (celle-ci ne peut pas être liquidée avant l’âge légal de la retraite, par exemple 60 ans pour les assurés nés avant le 1er juillet 1951).

Majoration du montant de la retraite anticipée
Les pensions attribuées depuis le 1er janvier 2006 au titre de la retraite anticipée pour travailleurs handicapées peuvent être majorées si le bénéficiaire ne réunit pas la durée d’assurance maximum au régime général. Le coefficient de majoration est égal au tiers de la durée de cotisations du bénéficiaire au régime général en étant handicapé par rapport à sa durée d’assurance au régime général (cette durée d’assurance est limitée à la durée nécessaire pour obtenir une pension entière).
La retraite majorée ne peut pas dépasser la retraite que le bénéficiaire aurait perçu s’il avait justifié de la durée d’assurance requise au régime général pour bénéficier d’une pension à taux plein. En cas de dépassement, elle est ramenée au montant de cette pension entière.
En cas de majoration, c’est le montant de la pension majorée qui comparé :

  • au minimum contributif, et s’il est inférieur porté à ce montant ;
  • au maximum des pensions et s’il est supérieur, ramené à ce montant.
    La majoration pour enfants (article L. 351-12 du code de la sécurité sociale) ainsi que la majoration pour conjoint à charge (article L. 351-13 du Code de la Sécurité sociale) s’ajoutent à la pension majorée, après comparaison avec :
  • la pension entière,
  • le maximum des pensions,
  • le minimum contributif.
Qui contacter ?

Caisse de retraite (de base et complémentaire) Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH)

Textes de référence
  • Articles L. 351-1-3, D. 351-1-5 et D. 351-1-6 du Code de la Sécurité sociale.
  • Circulaire CNAV n° 2004/31 du 1er juillet 2004.
  • Circulaire n° 2006/51 du 21 août 2006.
  • Circulaire Agirc-Arrco n° 2004-12 DRE du 8 juillet 2004.
  • Loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 (JO du 10)
  • Décret n° 2010-1734 du 30 décembre 2010
  • Loi n° 2011-1906 du 21 décembre 2011 (JO du 22)
  • Circulaire n° 2012/13 du 2 février 2012
© Ministère du Travail, de l’Emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

Ces fiches pratiques donnent une information synthétique. Les informations fournies n’ont pas de valeur légale ou réglementaire.

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